vendredi 7 mai 2010

Quai de Ouistreham, une leçon de journalisme

Florence Aubenas se met dans la peau d'une femme de ménage et raconte la vie très digne de ces femmes qui se lèvent aux aurores pour gagner parfois deux cents euros par mois. Elle raconte l'exploitation, par quels détours on est payé trois heures quand on en fait cinq (sans compter les transports !) et l'ambition de bien faire malgré tout que peuvent avoir ces personnes rudoyées par leurs employeurs. Elle le raconte avec d'autant plus de conviction qu'elle donne de sa personne et tente d'aller jusqu'au bout de chaque contrat.
Pas de pathos ni de condescendance dans ce récit de l'intérieur mais une vraie empathie... Florence Aubenas raconte la fatigue, le découragement, la peur, l'humiliation mais aussi le rire, la solidarité et la débrouille, l'amitié et pour donner un peu de piquant à l'affaire, un flirt improbable sur le parking du Novotel de Bayeux.
A travers cet essai, l'auteure renoue avec le journalisme en immersion pratiqué par George Orwell et Günter Wallraff et nous réconcilie avec le reportage...


2 commentaires:

  1. papalagi.blog.lemonde.fr/2010/05/18/florence-aubenas-prix-joseph-kessel-2010/

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  2. Merci pour l'info et le lien vers ces "Littératures éparses et ultrapériphériques" que je rajoute dans ma blogoliste... Toute nouvelle suggestion est bienvenue...

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